| Table des matières et extrait de texte |
|
|
|
|
Table des matières et extrait du livre Le crapaud et le prince qui ne se trouvait pas charmant. Une fable sur l'amitié, la confiance et la possibilité de découvrir un sens à sa vie, Éditions Anima, 2009, 83 p. (de Nicolas Sarrasin, avec les illustrations de Michelle Riendeau) Table des matières Oyez ! oyez ! amies lectrices, amis lecteurs ! Oyez ! oyez ! amies lectrices, amis lecteurs ! La fable que je m’apprête à vous raconter a eu lieu il y a très, très, très, très longtemps dans un pays enchanté, tout près d’un vaste continent que l’on nomme Utopie. Naturellement, ce pays était fréquenté par des dragons, des sorcières, des fées, des gnomes et des magiciens maléfiques, mais aussi par un crapaud très sage et par un prince qui n’aimait vraiment pas sa vie et qui, ma foi, manquait plutôt d’entrain. J’ai eu la chance insigne d’assister aux événements que je vais vous raconter. Vous découvrirez donc comment des personnages ordinaires ont transformé leur vie de façon extraordinaire. Cette fable est riche d’enseignements et elle m’a beaucoup aidé à réfléchir sur le sens que je donnais à l’existence et à la satisfaction que je retirais de tout ce que je faisais. En un mot, les leçons que j’ai tirées de cette fable m’ont transformé pour le mieux. C’est la raison pour laquelle j’ai tenu à vous la raconter en tous points telle qu’elle s’est déroulée. Si vous portez bien attention, si vous savez lire quelque peu entre les lignes, peut-être découvrirez-vous, comme moi, les secrets que cache cette fable pour profiter d’une existence plus gratifiante. En terminant, laissez-moi vous mettre en garde. La fable que vous vous apprêtez à lire est magique. C’est pourquoi vous sentirez parfois que les protagonistes s’adressent directement à vous. Comme à travers un miroir, je vous invite donc à regarder bien au-delà des apparences tout ce que la vie vous réserve. Je serai votre guide à travers les pages de ce fantastique voyage. Bonne lecture ! Chapitre 1. Un prince qui ne se trouvait pas charmant (du tout)… Il était une fois, dans un grand pays enchanté, un prince qui ne se trouvait pas charmant. Pas charmant du tout même. Pourtant, ce prince avait tout pour être heureux. Il était beau et habitait dans un des plus grands châteaux de tout le pays où étaient garées les voitures de collection royales dont il n’avait rien à faire. Il avait aussi le plus beau cheval blanc. Bref, il régnait sur un joli royaume rempli de fleurs et de gens sympathiques. Mais il n’était pas très habile à l’épée et les autres princes aimaient bien se moquer de lui. Non seulement ce prince ne se trouvait pas charmant, mais il était malheureux, très malheureux. Il lui semblait qu’il passait à côté de quelque chose de très important. Et il sentait qu’il n’avait aucune prise sur sa vie… Il broyait du noir en se disant que rien ne semblait avoir d’importance à ses yeux. Quoiqu’il fît, il le faisait sans goût et ne savait pas, finalement, pourquoi il faisait ce qu’il faisait. Notre prince avait pourtant des journées bien remplies. Chaque jour, il faisait tout ce qu’un prince était supposé faire. Il travaillait à l’administration de l’État, il prenait des décisions « très » importantes, il se pratiquait à l’épée, lisait des poèmes et participait à de somptueux banquets. On aurait pu dire, donc, qu’il était très occupé. Malheureusement, ses occupations – et même sa vie entière – lui semblaient sans goût, sans signification. Il avait l’impression qu’il gaspillait chaque jour qui passait. Un soir, avant de se coucher, il prit un parchemin, une grande plume de paon et écrivit d’un seul trait tout ce qui semblait clocher dans sa vie : Je ne sais pas ce que j’aime ni ce que je veux. Je me crois incapable d’accomplir quoi que ce soit de vraiment satisfaisant. Je me sens prisonnier de ma vie et j’ai peur de me tromper si je prends de nouvelles initiatives. J’ai envie d’apporter une différence positive dans le monde et dans la vie des autres et j’ai l’impression de ne rien faire. Mais je n’ai envie de rien, c’est comme si j’errais sans but. Même si tout va bien, j’ai l’impression de ne pas vivre la vie que j’aimerais vraiment vivre. Ma vie n’a pas de saveur même si je fais tout ce que les autres me demandent. Après avoir couché ses réflexions sur le parchemin, il s’endormit d’un sommeil sans rêve, un sommeil qui ressemblait à sa vie, elle aussi sans rêve… * * * Les choses allaient de mal en pis pour le prince. Non seulement il ne se trouvait pas charmant mais il avait de moins en moins envie de continuer à vivre. À vivre ainsi du moins… Et surtout, il avait peur. Il avait peur d’entreprendre de nouvelles activités, de faire de nouvelles expériences. Il avait peur de se tromper et de ressentir la douleur cuisante de l’échec, comme quand il était petit et que les autres lui disaient qu’il devait toujours réussir… et qu’il échouait. Par un bel après-midi, le prince décida d’interrompre ses activités habituelles qui, décidément, le lassaient. Il sortit pour faire une petite promenade dans la forêt aux abords du château, n’emportant que sa peine avec lui. De longues heures passèrent que le prince employa à entretenir soigneusement le mouron qui grignotait un peu plus chaque jour sa joie de vivre. La lumière du soleil commençait à décroître et le prince se dit à regret qu’il valait mieux rentrer. Au détour d’un sentier, il vit un petit étang couvert de nénuphars. Il longea cet étang pendant quelques secondes de son pas traînant quand une voix tout près de lui, à la hauteur de l’eau, le fit sursauter : Un petit crapaud verdâtre et boutonneux était allongé confortablement sur une fleur de nénuphar. Il mordillait nonchalamment une brindille et arborait un sourire enjoué. |